mardi 9 décembre 2008



















lundi 24 novembre 2008

Peinture sauvage. Couleur sauvage. Explosion de vie. Explosion de matière.
L’homme peut faire sauter le roi des animaux dans un cercle enflammé, modeler la nature selon ses besoins de confort et de divertissement, il reste incapable de faire disparaître l’animalité qui le rattache à la vie. Jusqu’à la répugnance chacun est intimement et secrètement lié à la mort par son sang, et par tous les fluides de son corps qui sont autant de preuves de sa mortalité et de son appartenance au monde animal. Cela nous ramène à une expérience de tous les instants autant qu’à notre histoire collective.
Une des premières entreprises humaines a été d’humaniser la mort en même temps que de la rendre moins effrayante en la détachant de ce qu’elle a de plus brutale et de plus violent : la putréfaction des organes et la décomposition des chairs. Vouloir dissocier la vie et la mort c’est créer une frontière qui n’existe pas naturellement. Les deux sont inséparables, en tant que renouvellement permanent, ils sont la manifestation concrète d’une énergie fondamentale et participent d’un mouvement commun, celui qui a engendré la création de l’univers.
La société moderne nous éloigne de la réalité la plus essentielle de notre existence. C’est dans la fascination enfantine pour la mort que j’ai trouvé les fondements de ma recherche picturale. Pour moi la peinture est une forme de poésie, non pas dans la recherche du beau, mais en ce qu’elle consiste à capter l’énergie des choses. À mes yeux, c’est dans le monde animal, et plus particulièrement dans la lutte incessante pour la vie, qu’est le plus visible l’intelligence de la matière qui a organisé tout ce qui est. Par nature la vie est une lutte, un combat. C’est par un travail sur la couleur et la distorsion des formes que j’essaie de remonter le lien entre l’explosion de lumière initiale et sa répétition à travers la violence qu’engendre la vie. J’essaie de renouer avec cette violence primordiale dans le geste même de peindre, d’étendre la couleur, de forcer les contrastes, de déformer les corps.